Fin de vie : trois incertitudes qui entourent le projet de loi | TF1 INFO

LCI - 12/03
[VIDÉO] Emmanuel Macron a dévoilé dimanche ses propositions pour la fin de vie, ouvrant la possibilité d'une aide à mourir sous conditions strictes. Mais les grandes lignes du texte qui sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du 27 mai suscitent déjà certaines réserves. C'est notamment le cas concernant la notion d'un "pronostic vital engagé à court ou moyen terme". - Fin de vie : trois incertitudes qui entourent le projet de loi (Sujets de société) - TF1 INFO

Emmanuel Macron a dévoilé dimanche ses propositions pour la fin de vie, ouvrant la possibilité d'une aide à mourir sous conditions strictes.
Mais les grandes lignes du texte qui sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du 27 mai suscitent déjà certaines réserves.
C'est notamment le cas concernant la notion d'un "pronostic vital engagé à court ou moyen terme".

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Fin de vie : vers une aide à mourir en France

Ni un droit nouveau, ni une liberté. Après de longs mois d'attente, Emmanuel Macron a dessiné les contours du futur "modèle français de la fin de vie", présenté comme une possibilité de demander, sous certaines conditions strictes, une "aide à mourir", terme retenu parce qu'il "est simple et humain et qu'il définit bien ce dont il s'agit". 

Dans les colonnes de La Croix et de Libération, il a dévoilé dimanche les grandes lignes du projet de loi qui sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du 27 mai. Mais certaines propositions font déjà tiquer ceux qui accompagnent des patients jusqu'aux derniers instants, qu'il s'agisse de proches ou de soignants.

Que signifie "court ou moyen terme" ?

C'est notamment le cas concernant la notion de "court ou moyen terme" associée à la condition cruciale de "pronostic vital engagé" chez un patient, qui devra être "capable de discernement". Or, la loi ne précisera pas ce que cela signifie précisément. "On fait confiance aux équipes médicales pour le déterminer", a ainsi précisé l’entourage d’Emmanuel Macron, suscitant l'inquiétude de proches de patients concernés. 

"Quelqu'un va voir son docteur qui va lui dire : 'eh bien non monsieur, vous avez encore six mois ou un an à vivre, donc revenez me voir dans deux mois et on verra ce qu'on peut faire...'", regrette dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article la veuve d'un patient qui a dû partir en Suisse pour bénéficier d'un suicide assisté, pratique aujourd'hui interdite en France. "C'est horrible", ajoute-t-elle, en écho au cas de son ancien mari, atteint d'une maladie incurable et qui voulait abréger ses souffrances présentes et à venir. 

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A titre de repère, déjà, la loi Claeys-Leonetti de 2016 ne précisait pas ce que signifiait le "court terme", tandis que le moyen terme renvoie à quelques semaines ou quelques mois. 

Qui pour soutenir le patient le moment venu ?

Autre incertitude, pour l'instant, dans ce projet de loi : qui pour soutenir la personne au moment d'administrer la dose létale ? Le Dr François Blot, médecin réanimateur, président du conseil d'éthique au sein de l'institut Gustave Roussy, plaide pour que cette dernière soit accompagnée d'un soignant. 

"Faute de quoi, on se retrouvera avec des patients aux mains, soit d'eux- mêmes, comme dans l'Oregon  aux États-Unis, soit avec un bénévole, comme en Suisse", explique-t-il. "Et j'estime qu'en tant que médecin, je suis là pour apporter ma technique, mais aussi ma fraternité", poursuit celui qui rappelle néanmoins qu'une clause de conscience devra être prévue pour le corps médical, car beaucoup de soignants ne conçoivent pas d'aider à mourir.

Quid de l'avis collégial ?

Le projet prévoit justement que la demande sera examinée par un collège de médecins, qui devra y répondre dans les 15 jours et surtout se mettre d'accord. Mais là encore, cela soulève quelques réserves. "Aucun des pays qui nous entoure n'a demandé cette collégialité large pour cette décision", souligne le Dr François Blot. "Je sais qu'en disant ça je choque mes collègues de soins palliatifs avec qui je travaille tous les jours et qui vont me dire 'au contraire que la collégialité va protéger le patient de l'arbitraire', mais il ne faudrait pas que ça se retourne contre lui sous forme de blocage", s'inquiète-t-il.

En cas de réponse favorable du collège médical, la prescription du traitement létal, sera valable trois mois.

La rédaction de TF1 Reportage - Sylvie Pinatel, Caroline Bayle, Frédéric Petit

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